logo

Valérie Jeansen Boitel

  • Good Parents sur Jouy, 70x50cm, acrylic on paper
  • Les enfants, 80x56cm, acrylique et pochoir sur bois, BVAL
  • Looking for good parents, entre deux verres40x50cm
  • Nageuse, acrylic on wood, 55x80cm
  • Princesse, mix media, street art
  • Untitled, mix media on canvas, 60x80cm
  • Untitled, street collage, mix media

Artiste autodidacte et médecin pédopsychiatre, Valérie Jeansen Boitel vit et travaille à proximité de Paris, dans le Val-d’Oise. Née à Marseille en 1965, elle rejoint l’University of Illinois de Chicago pour se former, en parallèle de ses études de médecine, à la philosophie et à l’histoire des sciences, des techniques et des arts. Puisant son inspiration artistique aussi bien dans son histoire personnelle que dans les travaux psychanalytiques post-freudiens, elle combine maîtrise technique et geste libre pour explorer, sur différents supports, les failles secrètes du corps et les non-dits inguérissables de l’enfance. Travaillant essentiellement à l’huile ou selon la technique du lavis d’encre, elle exploite également la sculpture de l’argile, le collage textile et la retouche numérique.
S’intéressant au statut de la femme et de l’enfant au sein de la famille ou de la société, Valérie Jeansen Boitel dépeints des portraits vibratiles, intimes et insondables d’anonymes. Foetus, enfants, adolescents, jeunes mariées ou mères de famille, ses personnages évoluent, si ce n’est sur des fonds blancs, dans un monde muet aux décors épurés, sobres et intemporels. Vibrantes de couleurs à peine diluées, leurs silhouettes sont toutefois emplies d’énergies positives, franches et vitales. Soignée mais parsemée de tâches et d’empreintes impulsives, leur écriture est sauvage et sensible, saisissante d’humanité.
Pourtant, les questions qu’ils soulèvent dérangent. Dans quel climat grandissons-nous ? La pollution est elle en dedans ou au dehors ? Sondant les thèmes de la grossesse et de la procréation assistée, l’artiste imprègne certains de ses travaux d’une imagerie proche de l’échographie obstétricale. Par son recours au motif du masque à gaz – ou masque à oxygène -, elle aborde également, dans plusieurs tableaux, l’enjeu de la dégradation atmosphérique en tant que menace extérieure et la nécessité de se munir d’outils et de moyens de survie.
Figés dans l’abandon, l’attente ou la précarité, ses personnages fixent souvent le spectateur avec désinvolture et passivité. Dans leur chair peuvent se trouver des découpes. Déchirant leurs supports pour en extraire des formes et laisser apparaître des jeux de transparence, l’artiste creuse en effet la surface des corps comme pour aller chercher l’en deçà de la peau et mieux figurer la fragilité de l’être humain, en proie à manipulation. Sorte de sculptures bidimensionnelles, ses personnages deviennent des « Objets-instruments » que l’on peut déplacer, toucher et isoler.
En incrustant, au travers de récents photomontages, ses découpes de portraits sur des fragments de murs couverts de graffitis, l’artiste questionne aussi les traces : aussi bien celles laissées par l’homme sur son environnement, sur la tôle rouillée et le béton de la rue, que celles qui marquent les visages et nuancent ou précisent le parcours de chacun.
Explorant ainsi le versant psychanalytique de l’histoire d’un individu, Valérie Jeansen Boitel tente d’en démêler l’écheveau complexe tout en proposant que s’opère la transmutation des épreuves dans l’inventivité sans cesse renouvelée des formes narratives.