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Pascal Dombis

  • Right Wrong, 110x110cm
  • ExtraVague Post Digital Mirror
  • Post Digital TZR
  • Post digital TZR
  • ImageIsTime 2, 2018, 110x110cm
  • TimeFlowFromFuture, 2018, 110x110cm

Télécharger l’interview de Pascal Dombis

Pascal Dombis est un artiste visuel qui travaille avec des processus technologiques excessifs.

Produisant des répétitions excessives de processus simples qui créent des environnements visuels imprévisibles, instables et dynamiques, il explore des domaines tels que le langage, le bruit, le contrôle, l’irrationalité et nos sociétés contemporaines axées sur le numérique.

Meta-Google fait s’affronter l’héritage artistique de William Burroughs et Google, la société qui symbolise le mieux aujourd’hui le capitalisme global du soft afin de remettre en cause notre relation à la prolifération des images numériques. Son écriture expérimentale et l’utilisation du hasard au cœur de son processus créatif m’ont beaucoup inspiré depuis des années. Selon lui, l’écrit précède l’oral : « J’avance la théorie selon laquelle un virus à l’époque de la révolution électronique est une toute petite unité faite d’un mot et d’une image », a-t-il écrit. C’est ce qui l’a mené à rédiger de nombreux textes sur le système coercitif des langages écrits, et c’est pourquoi j’ai introduit bon nombre de ses aphorismes dans mes propres images.
La société Google, que l’on connaît aussi aujourd’hui sous la dénomination « Alphabet », grâce à l’ubiquité de son moteur de recherche et à son implication dans tant de configurations à venir, cristallise le scepticisme de plus en plus global envers un futur numérique qui soulève tant de questions, dont celles de l’Intelligence Artificielle et celle de la Conscience Cybernétique, des questions qui tournent évidemment aussi autour de la vie et de la mort. Une sélection aléatoire faite à partir de centaines de milliers d’images « Google » collectées par
Google, est imprimée sur des lenticulaires, puis collée sur des plaques de métal noires. Cet assemblage au noir revêt pour moi une dimension iconoclaste. Le fonds noir a tendance à faire disparaitre les images dans une grande image monochrome, mais des traces, des ombres, des images fantômes subsistent, visibles dans la transparence créée par le vide laissée par la découpe dans le texte de Burroughs, par les angles de coupe, et par la lumière extérieure qui vient s’y réfléchir. Toutes ces images fantômes inattendues évoquent quelque chose qui est appelé à disparaître.
Tout le paradigme de notre relation aux images a profondément changé. L’internet génère une profusion d’images qui circulent et dans lesquelles il n’y a rien à voir. Ces œuvres parlent de la disparition des images de par leur circulation et prolifération excessive, mais elles parlent aussi de la mort de la mort et de la disparition à venir des humains en tant qu’espèce intégralement biologique. Cette série d’œuvres créée une image miroir de leur propre disparition, une méta image qui suggère l’idée selon laquelle derrière toute image, il y a quelque chose sur le point de disparaître. Encore un autre écho à l’iconoclasme de Burroughs : «
Gommer les mots. Du mot nait l’image. L’image est le virus ».