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Muriel Bordier

Du 3 mai au 20 juin 2017

Découvrez en situation les superbes photographies de deux des séries de Muriel Bordier: « Les open spaces » et « Les thermes »

Depuis le milieu des années 2000, les travaux photographiques, mais aussi les court-métrages, de Muriel Bordier s’inscrivent ouvertement dans une déconstruction satirique du paysage humain. Situés dans un contexte dont Dominique Baqué, dans son essai L’extrême contemporain (Éditions du Regard, 2004), souligne les problématiques conjuguées de l’objectivisme sérieux issu de l’École de Düsseldorf et du subjectivisme revendiqué comme tel, ils se développent selon un parcours conceptuel où les séries récentes des Espaces muséaux, des Open Space et des Thermes instruisent une critique de l’imaginaire contemporain des lieux publics. Des mises en scène spatiales de nature futuriste y dominent la représentation humaine de leur gigantisme, remettant en jeu la lecture architecturale du modernisme, suivant un protocole qui rappelle les scénographies des films de Fritz Lang et de Jacques Tati. Expressionnisme de l’un, caricature minimaliste et ironique de l’autre. Il s’ensuit l’impression d’assister à des voyages burlesques en territoires lilliputiens, à la fois drolatiques et gagnés d’effroi, sous la pression des diktats impérieux de tel white cube aveuglant de lumière, de telle configuration spatiale déshumanisée en entreprise, de tels bassins aquatiques conçus à l’instar d’artificielles cathédrales de purification des corps. Telles les pièces d’une nouvelle Alphaville, moins soumise à polémique que guidée par un humour désenchanté, les images de Muriel Bordier tissent progressivement les mailles anthropologiques d’une cité dystopique – baignée de solitude, irriguée d’absurde, accompagnée de la vision acidulée et clinique d’une métaphysique du vide et du non-sens. Lise Ott